TCHERNOBYL 30 ans après !

Publié le par pg67

TCHERNOBYL 30 ans après !

Manifestation mémorielle et revendicative sur le Pont de l’Europe. Strasbourg, dimanche 24 avril 2016.

Une cinquantaine de Français-e-s dès 12 heures, vite rejoints de l’autre côté du Pont de l’Europe par une bonne centaine d’Allemandes et Allemands. Et au final nous fûmes près de 300 à exiger l’arrêt immédiat de « la dangereuse vieillerie de Fessenheim » (voir le discours de Jean-Marie Brom, l’un des deux orateurs avec la militante allemande qui a bien résumé le problème à la fois économique, environnemental et social pour les générations futures). A rappeler la nécessité impérieuse d’un arrêt programmé et rationnel, à moyen terme en France, de la filière nucléaire. Comme cela a déjà été fait en Allemagne ! Sans oublier l’arrêt immédiat du programme d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse, projet CIGEO), à 100 Km à vol d’oiseau de notre point de jonction comme l’a rappelé en fin de manifestation Jean-Marie Brom.

TCHERNOBYL 30 ans après !

Et le PG était bien présent au milieu de tous les militants anti-nucléaires des deux rives et bien accueilli par eux, drapeaux déployés et tracts distribués. Nos tracts qui disent toute l’absurdité d’un système nucléaire générateur de catastrophes : Three miles Island, Tchernobyl puis enfin Fukushima il y a cinq ans. Et fiasco économique dont les coûts globaux n’ont jamais été dévoilés, voir tout simplement jamais vraiment calculés tant ils sont impubliables !

TCHERNOBYL 30 ans après !

En effet, quels sont les coûts réels d’extraction et de transformation du minerai ? Les coûts de construction, puis de « rénovation » des centrales pour en allonger la durée d’exploitation (voir actuellement la dérive en prix de conception et de construction ainsi qu’en durée de livraison des nouveaux EPR) ? Et enfin, quels sont les coûts de démantèlement des centrales actuellement en activité, qui de toute façon vont se proroger sur des décennies et donc se reporter sur les générations futures ? Sans compter qu’il est impossible à ce jour de chiffrer, avec un minimum de vraisemblance, ce que seront les coûts de stockage des « déchets divers irradiés » (notamment, mais non uniquement, du combustible), ni même le coût pour les générations futures du « gel » des centrales une fois leur arrêt effectif.

TCHERNOBYL 30 ans après !

Mais ce que nous savons avec certitude c’est que les centaines de milliards d’euros engloutis aujourd’hui en France dans la filière nucléaire seront dès lors disponibles pour la recherche, puis la construction et enfin l’exploitation des énergies alternatives et renouvelables. Des énergies de sources et de formes multiples : hydroliennes, centrales géothermiques, solaire, éolien, mini-centrales hydrauliques … autant de solutions plus « locales » et à l’impact environnemental réduit.
Des solutions alternatives parfaitement maîtrisées dont nous savons avec certitude qu’en découleront des centaines de milliers d’emplois, et qui verront très vite le jour si les moyens financiers actuellement dévolus au nucléaire leur sont transférés. Offrant dès lors la possibilité de réduire fortement le chômage de masse actuel. Car la France dispose d’une population active très bien formée, scientifiquement et techniquement, pour l’assumer en toute indépendance, alors que sa jeunesse peine aujourd’hui à intégrer l’activité.
Et puisque nous avons « la chance » d’être équipés d’une bonne cinquantaine de réacteurs sur l’ensemble du territoire (19 centrales), aucun risque de licenciement du personnel actuellement employé ! Puisqu’il faudra bien « gérer » pendant des décennies encore ces centrales finissantes, exigeant ainsi le maintien sur poste de tout le personnel qualifié (et de haute technicité) actuellement employé à des tâches de pilotage, de maintenance et de surveillance. Fessenheim pourra donc devenir immédiatement le premier laboratoire expérimental de la manière de les démanteler, une première riche en savoir-faire qu’il nous sera aisé d’exporter vers les autres pays. Car en ce domaine, nous avons tout à apprendre !
En résumé, une journée réussie à Strasbourg, malgré un nombre (encore) modeste de participants, comme elle le fut sur les six autres ponts franchissant le Rhin entre la France et l’Allemagne. Une action qui marque, une fois encore, nos intérêts communs. Car si par malheur imprévisible Fessenheim est la prochaine centrale « accidentée », ce sont toutes les populations de la plaine du Rhin qui devront quitter le bassin, la nappe phréatique devenant dès lors impropre à toute consommation. Puissent les propriétaires « des deux rives » en prendre conscience !

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