Retour sur les élections européennes : des résultats plus affinés contredisent les discours exclusivements négatifs

Publié le par Jean-Claude VAL

Retour sur les élections européennes : des résultats plus affinés contredisent les discours exclusivements négatifs

Un lecteur de notre page facebook (du PG67) manifestait début juillet sa désapprobation courroucée des "analyses" destructrices des médias, appuyées sur une présentation particulièrement bien orientée (de leur point de vue) des résultats électoraux de la France insoumise, sur longue période (disons une décennie).

Un air défaitiste que, hélas, nombre d'insoumis contestataires (en quelque sorte, des insoumis ... "au carré" !) ont amplement repris depuis pour clamer leur mécontentement face à la stratégie choisie et, de ce fait, proclamer l'impérieuse nécessité de déboulonner le chef ... qui en était bien évidemment le seul responsable.

Voici les termes de notre lecteur, et néanmoins contradicteur fidèle : « J'avoue un certain agacement devant ces dramatisations d'un prétendu échec électoral, qui ne peuvent impressionner que ceux qui s'en tiennent à des manipulations de pourcentages et à des commentaires de presse à grand spectacle, honteusement tendancieux ou faussement attentionnés. »

 

Retour sur les élections européennes : des résultats plus affinés contredisent les discours exclusivements négatifs

Voyons ce qu'il en est, lorsque l'on présente ces résultat d'une tout autre manière et que l'on met en parallèle ce qui est comparable !

Aux élections européennes de 2014 le Front de gauche (PG et PCF) obtenait 1 252 730 voix. Mais sous cette appellation « Front de Gauche », le Ministère de l’intérieur ne relève en fait que 1.200.713 voix, soit 6,33% des exprimés. Il faut donc additionner, fort logiquement, les 52.017 voix rassemblées par la liste « L'UNION POUR LES OUTREMER (LDVG)» conduite par Younous Omarjee, réélu cette fois (en 2019) sous la bannière « France insoumise ». Soulignons au passage que la liste menée en 2014 par Younous Omarjee avait réuni 18,23% des suffrages dans cette circonscription, quasiment à égalité avec la liste « d’union de la gauche »

Or en 2019, toujours aux européennes, le cumul des voix LFI et PCF atteint 1 994 497 voix. Ce qui marque une progression de + 740 767 voix. La liste menée par Yann Brossat (« Pour l’Europe des gens ») a collecté 546.717 voix (2,49% des exprimés) alors que La France insoumise (menée par Manon Aubry et Manuel Bompart) en a rassemblé 1.428.386 (6,31% des exprimés).

Ajoutons enfin que, en 2009, les Listes du PCF et du Parti de gauche (LCOP) totalisaient 1 041 911 voix soit 6,05% des bulletins exprimés ce qui lui octroyait 4 sièges de députés européens, seul Jean-Luc Mélenchon étant élu pour le Parti de Gauche (circonscription du Sud-Ouest), les 3 autres députés étant estampillés Pcf ou apparentée. La France était alors divisée en 7 circonscriptions (comme en 2014) ce qui compliquait la tâche pour les "petites listes".

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La comparaison d’un (même) scrutin à l’autre est donc intéressante : pourquoi les commentaires des politistes et autres médiacrates patentés ne s’attardent-ils jamais à celle-ci ? Paresse, manque de curiosité (intellectuelle), intentions cachées… ? En « comparaison verticale » (vocabulaire que les œnophiles connaissent bien), soit d’un millésime à l’autre pour le même type de scrutin, on ne peut plus parler de « résultats catastrophiques », ou pire … « cataclysmiques » ! Mais, lorsque l’objectif réel est de discréditer le « responsable » de l’effondrement pour anéantir du même coup le mouvement dont il est principalement à la création, on ne s’embarrasse pas de comparaison … « complexes » !

Et il faut encore souligner que cette progression en nombre absolu de voix a été supérieure à celle du RN/Front National pour ces mêmes séquences : + 574 418 voix.

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Quant à la liste « Envie d’Europe » (menée par Raphaël Glucksmann) elle a rassemblé 1.401.978 voix en 2019 (6,19%). En comparaison des 2 838 160 voix collectées par les « listes du Parti Socialiste » en 2009 (16,48% des voix exprimées et 14 sièges) et des 2 650 357 voix de « l’Union de la gauche » (Ps et alliés) en 2014 (13,98% et 13 sièges) on ne peut parler d’une victoire ! Tout au plus l’effondrement a-t-il été limité (notamment en permettant de conserver 6 sièges au parlement européen … dont Glucksmann lui-même devenu député, et Pierre Larrouturou toujours habile à changer de cheval !) grâce à « l’ouverture » de cette liste à des personnalités qui, pourtant, ne sont guère aisées à estampiller « à gauche » !

Certes, LFI n'atteint pas les résultats historiques de la présidentielle de 2017, ni même des législatives, mais ce sont d'autres élections. La réalité, c'est que pour le même scrutin la "gauche de gauche" progresse en voix, ce qui n'est déjà pas si mal. L'électeur attend que cette composante de la gauche ne se disloque pas en querelles internes de stratégie et d'organisation, aidée en cela par les boute-feux médiatiques empressés, de gauche comme de droite...

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Reste la liste « Europe-Ecologie-Les Verts » qui …

En 2014 et avec ses 1 696 442 voix (8,95% des bulletins exprimés) obtenait 6 députés. Un repli assez net par rapport au « coup » de 2009, habilement orchestré par Cohn-Bendit  où la liste des Verts (LVEC) rassemblait 2 803 759 voix soit 16,28% des bulletins exprimés et donc ... 14 sièges !

Il est vrai qu'en 2019 celle-ci collecte 3 055 023 voix (donc son point d’acmé en nombre absolu) soit 13,48% des bulletins exprimés et obtiennent donc 13 sièges de députés européens. Les verts piquent ainsi nombre de sièges au Ps (par rapport à 2014) et ramassent certainement une grande part de la très forte hausse de la participation. Au passage, leur "leader massimo" prend du jabot et se voit déjà à la tête de plusieurs grandes villes à l'occasion du prochain scrutin municipal.

Car la participation a été en très nette hausse en comparaison des précédents scrutins européens

  • En 2019 : 23.730.740 votants (50,12% des inscrits) dont 22.655.174 dits « exprimés » (soit plus d’un million de votes « blancs » et « nuls », tout de même, soit 4,% des votants et partagés approximativement à moitié) contre
  • En 2014 : 19 747 893 votants (42,43% de participation avec un peu plus de « blancs » mais moitié moins de « nuls »), soit un gain de 4 millions de votants … dont la FI a aussi (modestement, mais …) bénéficié avec ses 1.428.548 voix rassemblées !
  • En 2009 : 17 992 161 votants (40,63% des électeurs inscrits)
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Une multiplication des listes qui ne peut que provoquer un émiettement partiel des suffrages, favorisant les "grandes listes"

Notons enfin qu’en 2009 12 listes seulement étaient en présence, alors qu’en 2019 34 listes ont été enregistrées, dont 15 n’ont même pas atteint les 20.000 voix (total « France entière » !), 8 d’entre-elles étant même en-dessous des 5000 voix !

En 2014, 23 listes pouvaient déjà être distinguées, les appellations précises pouvant varier d’une circonscription (parfois même d’un département) à l’autre (7 grandes circonscriptions en tout : c’est la première fois, en 2019, que le scrutin est intégralement proportionnel sur une circonscription nationale unique), mais avec deux seuils :

  • 3% pour pouvoir prétendre au remboursement (sur fonds publics) des frais de campagne (de fait d’une partie seulement), ce qui a notamment exclu le PcF du remboursement public.
  • 5% pour pouvoir être présent au Parlement européen (soit, en France, au minimum 6 députés pour les deux listes les moins bien représentées, « Ps/Place Publique » et LFI), seuil qui n’a été franchi que par six listes : « Prenez le pouvoir » (FN/RN), LREM, « Europe écologie », Union de la droite et du centre (LR), LFI, « Envie d’Europe écologique et Sociale » (Ps/PP)
Et noubliez pas ... le mouvement perpétuel ! Au prochain scrutin ils vont encore nous le servir ...

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