KRIEGSPIEL DE CAMPAGNE : LES ATTENTES DES STRASBOURGEOIS RELEGUEES AU SECOND PLAN !

Publié le par Claude GASSER, Dominique WEISS

« On ne fera pas un monde différent avec des gens indifférents. » (Arunhati Roy)

Capitalokriegspiel

Capitalokriegspiel

Alors que les urgences environnementales et sociales se font chaque jour de plus en plus prégnantes, les représentants des deux listes se réclamant de la gauche se sont avérés incapables de s’entendre, en vue du second tour des élections municipales de Strasbourg, sur un projet qui rompe avec les pratiques jusqu’ici observées, notamment depuis les deux dernières mandatures.

ETERNELLE STRATEGIE PERDANTE

L’échec consommé du mardi 2 juin 2020 était pourtant prévisible. D’un côté, le parti socialiste, se croyant encore l’élément central à gauche et se berçant d’illusions sur sa capacité à rassembler. De l’autre, EELV en proie à l’hubris depuis leur, relatif, succès aux élections européennes. Tout semblait pourtant réuni pour qu’un accord soit trouvé si on se réfère aux différents appels lancés urbi et orbi pour une union de toutes les forces de la gauche sociale, écologique et démocratique, dont certains ne sont pas dénués d’intérêt. Tous les points de convergence, réels, étaient soigneusement listés. Aucun n’était oublié. Malheureusement, les sujets qui fâchent, étaient, eux, subrepticement glissés sous le tapis. Ce faisant, toutes les conditions débouchant immanquablement sur un échec se trouvaient réunies. Pour le vérifier, il n’aura pas fallu attendre bien longtemps.

A la recherche de la formule magique ...

A la recherche de la formule magique ...

Ce 2 juin, nous avons assisté à la démonstration grandeur nature des limites d’une telle stratégie. L’union, à tout prix, pour l’union, ça ne marche pas. Car les sujets clivants (projets routiers, visions économiques, et même plan climat) ont bien dû, par la force des choses, être abordés. Connaissant l’habitude de certains protagonistes à ne pas respecter le programme sur lequel ils ont été élus, on pouvait raisonnablement penser qu’un accord était toujours possible entre eux. Pourtant ce ne fut pas le cas. On arriva au point de non-retour dès lors qu’il fallût discuter, en plus, de la question des positions sur la possible liste commune et la gouvernance de la municipalité/eurométropole. L’implacable logique partidaire, associée aux égos boursouflés et autres ambitions personnelles sans limite, finit par imposer sa loi d’airain. Envolé le beau programme annoncé comme « écologique, social et solidaire » ! Envolées les belles promesses d’union de la gôôôche enfin retrouvée et blablabli et blablabla ! Ce furent, au contraire, les électeurs strasbourgeois qui assistèrent, médusés, via notamment les réseaux sociaux, au triste spectacle des protagonistes de ce psychodrame se rejetant les uns sur les autres la responsabilité de l’échec. En mesurant l’étendue du désastre, résultant d’une stratégie perdante d’avance, ils réalisaient qu’ils n’iraient finalement voter que pour décider de la couleur (verte ou rose) de l’étiquette politique qui siègera majoritairement dans l’opposition. Dans l’intervalle, Fontanel (LREM) et Vetter (LR) ayant réussi à s’entendre, non pas sur un programme dont ils se fichent éperdument mais sur une stratégie leur permettant de s’emparer des rênes de la municipalité et de l’eurométropole, la droite se retrouvait soudainement remise en selle. A toutes fins utiles, rappelons que c’était au premier tour qu’il aurait fallu opter pour un vote de véritable rupture par rapport aux pratiques et à la politique qui ont eu cours jusqu’ici au sein de la municipalité et de l’eurométropole. Il est désormais bien tard pour se lamenter.

Jusqu'ici ... tout va bien !

Jusqu'ici ... tout va bien !

AU BAL DES HYPOCRITES

Mais sommes-nous vraiment en présence d’une opposition classique entre la gauche et la droite ? Comme souvent, dans le landerneau politique strasbourgeois, les choses sont loin d’être aussi tranchées. Souvenez-vous. Ce sont les mêmes qui se sont joyeusement écharpés le 2 juin, et qui, dans leur écrasante majorité, non contents de gérer la municipalité sous la houlette de Roland Ries, social-démocrate passé à la macronie, sont allés jusqu’à s’entendre avec des personnalités de droite pour gérer l’eurométropole. Mais cette fois-ci sous la houlette de Robert Hermann, autre personnalité dont le qualificatif de socialiste relève quasiment de la tromperie. Bien sûr, d’aucuns, notamment sur la question du GCO, ont à plusieurs reprises fait connaître leurs doutes voire leur opposition. Mais cela n’allait souvent guère plus loin que quelques froncements de sourcils, au pire quelques claquements de portes, alors que l’honnêteté et la décence leur commandaient de démissionner de leur poste, ce qu’ils n’ont pas fait.  La soupe devait être trop bonne.

Ca manque de sièges !

Ca manque de sièges !

FARANDOLE DES SIGLES OU FEDERATION POPULAIRE ?

La France Insoumise ne se reconnaît pas dans de telles pratiques et il faut croire, à l’aune des chiffres de la participation aux élections, que nos concitoyens non plus. Ils en ont plus qu’assez de ces discussions de coin de table ne servant au final qu’à se répartir postes et prébendes. La France Insoumise s’est précisément construite après avoir constaté l’échec récurrent de toutes ces stratégies d’«union » reposant sur un plus petit dénominateur commun, éternelles sources de renoncements et, au final, d’abandon de toute ambition de changement de société.

L’heure de l’Intérêt Général a sonné. Celui-ci appelle au dépassement des partis politiques, même si ceux-ci gardent leur utilité. C’est l’heure de la fédération du peuple autour d’un programme dans lequel il se reconnaît pleinement.  A La France Insoumise, c’est la proposition que nous faisons pour nous sortir une fois pour toute de cette logique infernale qui ne sert au fond que tous ceux qui ont intérêt à voir un système injuste et mortifère perdurer ad vitam aeternam.

Concile y'à bulles !

Concile y'à bulles !

LES INSOUMIS SONT DISPONIBLES !

Bien que le score obtenu par la liste « Strasbourg en Commun » lors du 1er tour des élections municipales soit bien en dessous de nos espérances, nous en prenons acte.  Le projet de fédération populaire de La France Insoumise garde néanmoins toute sa pertinence, le triste épisode du 2 juin venant fort opportunément nous le rappeler. Nous, les insoumis, restons disponibles.  Nous mettons notre programme L’Avenir En Commun à la disposition de tous. Quiconque s’y reconnaît peut se joindre à nous. Sans renier son histoire personnelle ni ce qu’il est, sans être obligé de déchirer sa carte de parti, de syndicat ou d’association.

D’ores et déjà, nous pouvons ici affirmer que nous serons présents lors des prochaines échéances de 2021 et 2022 pour porter avec enthousiasme notre projet. Pour un monde plus juste qui s’attèlera à éradiquer le chômage et la précarité, pour une 6ème République, pour le partage des richesses et la planification écologique. Autant de projets figurant en bonne place dans notre programme, L’Avenir En Commun 

LIBERTE ET RESPONSABILITE

Pour le scrutin du 28 juin nous ne donnons aucune consigne de vote, considérant que les voix des électeurs, libres et responsables, qui se sont portées sur la liste « Strasbourg en Commun » lors du 1er tour, ne sont la propriété de quiconque. Il ne revient donc à personne de leur souffler ce que devra être leur choix. Etant entendu qu’en républicains conséquents, nous appelons bien sûr tous les Strasbourgeois à aller voter.

Nous ne sommes rien ? Soyons tout !

Nous ne sommes rien ? Soyons tout !

Claude GASSER et Dominique WEISS, militant.e.s au Groupe d'Action de la France Insoumise (GA/FI) Strasbourg-Neudorf

Publié dans Actualités

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