Les feuilles mortes se ramassent à la pelle … Les souvenirs et les regrets aussi ! (Jacques Prévert)

Publié le par Guy DESPORTES, Claude GASSER, Albert SCHWARTZ, Jean-Claude VAL, Stéphane WAGNER, Dominique WEISS

L'appel ... et la pioche !

L'appel ... et la pioche !

Il y a quelques jours nous découvrions un nouvel appel circulant dans certains milieux de la région Grand'Est. Un appel surprenant, pour le moins !

Un … « APPEL à un rassemblement inédit pour notre région et son avenir à gauche ! » (Pour le texte de l’appel et la liste complète des « signataires », voyez : https://www.lappelinedit.fr)

En guise de nouveauté, examinons ce que nous réservent les premiers paragraphes de cet appel … « inédit ».

En fait : rien de bien nouveau, rien de bien « révolutionnaire », rien de miraculeux. Finalement, rien de bien inédit : du réchauffé, du recuit ! En guise de propositions du moins : jugez-en sur pièce (N.B. c’est nous qui surlignons en gras) :

« Les Français ont besoin de Régions qui les aident et les soutiennent dans leur vie quotidienne pour compenser l’appauvrissement de l’Etat et de ses services publics.

Une région engagée contre le chômage, la désindustrialisation et la pauvreté par des politiques de proximité, de solidarité avec ceux qui en ont le plus besoin, en les accompagnant pour se former, se déplacer et trouver un emploi.

​Une région dynamique capable de développer des partenariats scientifiques, de soutenir les universités et les Ecoles, la formation professionnelle comme les acteurs culturels.

​Une région fière de son patrimoine rural, culturel, artisanal, et linguistique, qui sont des atouts formidables. Pour contrer les dégâts causés par les politiques d’austérité, notre patrimoine industriel doit être préservé et valorisé en agissant pour la relocalisation de l’industrie. Nous voulons faire progresser la démocratie et renforcer le contrôle et l’efficacité des aides publiques. »

Adieu aux départements : seule compte la gouvernance des territoires !

Aucune proposition concrète qui puisse laisser percevoir une remise en question de manière précise des principes de « gouvernance » actuels de la région : notamment la réaffirmation du principe de la division départementale comme fondement de notre République, la remise en cause de la métropolisation et de son corolaire, la mise en concurrence des « territoires ». Autant « d’innovations » qui contiennent le délaissement programmé des zones périphériques de nos départements et de la « grande-région ». Où sont les exemples concrets des principes revendiqués « des politiques de proximité, de solidarité avec ceux qui en ont le plus besoin » ? Des « grandes régions » dont la logique semble inspirée directement de la structuration administrative et politique de l’Allemagne fédérale mais qui ne correspondent plus aux subdivisions régionales anciennes sur des fondements historiques et culturels, humains, voire économiques.

Lawfare

Lawfare

De l'eau tiède pour élus ... sans âme et sans fonds.

Mais … quels dirigeants, de quelque région que ce soit, ne seraient-ils pas en accord avec cette déclaration (qui se veut) grandiloquente ? Une énumération de "bonnes intentions", générales et imprécises : mais ... l'enfer en est pavé, n'est-ce pas ? Le contenu de cet appel n’est en fait que « de l’eau tiède » : même des progressistes de droite seraient capables de le signer. Comme aurait pu le signer Phillipe Richert, l’ancien Président de la grande région. Et que pourra signer aujourd’hui, certainement, Jean Rottner. Comme toujours, le diable se cachera ... dans les détails !

Car dans l’organisation « nouvelle » de la République résultant de la mise en application de la loi « NOTRe » (Loi du 7 août 2015 portant Nouvelle Organisation Territoriale de la République), n’est-ce pas la fonction déclarée des régions que de se « substituer » à l’état pour ces « missions », du moins dans une logique dite de subsidiarité, comme l’imposent les textes européens.

D’autre part ces politiques d’austérité, apparemment décriées par les initiatrices et initiateurs de cet appel, et les dégâts sociaux et économiques qu’elles ont engendrés (et qu’ils font mine de découvrir aujourd’hui), ne sont-elles pas le résultat de plusieurs décennies de dérive des partis qui se réclamaient de la « gauche de gouvernement » ? Des partis qui, depuis le milieu des années 1980, se sont progressivement convertis aux délices du néolibéralisme puis de la mise en concurrence (certes … « libre et non faussée » !) à tous les étages ! Et quel est le gouvernement à l’origine de cette loi NOTRe, sous quelle présidence de la République ?

quadrature du cercle ... de connivences !

quadrature du cercle ... de connivences !

La soupe des sigles ... à nouveau au menu ?

C’est bien en premier lieu le Ps qui est à l’origine de cette généralisation des politiques austéritaires. Un parti dont on peine aujourd’hui à identifier la moindre trace restante de « socialisme ».

Mais ce sont aussi tous ses satellites, qu’ils soient de la « Gôche plurielle » ou … de la verdure sous serre ! Rien de bien frais dans tout cela.

Est-ce pour cela qu’ils tentent aujourd’hui de se refaire une façade « inédite » ? Pour faire oublier d’où ils viennent ? Leur tête d’affiche en particulier : elle a bien été ministre du gouvernement Ayrault, puis Valls, n’est-ce pas ? Sous la présidence de François Hollande, celui-là même qui a signé la loi NOTRe !

Alors, en parcourant la liste des « 100 premiers signataires » on découvre bon nombre de cas de personnalités décidément peu … « inédites » ! Qui cherchent vraisemblablement, avant tout, à retrouver leur fauteuil électif. Ou à arracher le strapontin qu’ils espèrent glaner dans l’aventure, si elle va à son terme. Certains semblent même vouloir masquer leur appartenance au Ps, en se déclarant pudiquement « CD » (conseiller départemental) ; et ils sont quelques-uns dans le département du Bas-Rhin. Serait-ce qu’ils n’ont plus aucune couleur, ni saveur … politiques ? Des élus interchangeables, en quelque sorte ?

Il est significatif que la tête d’affiche, Aurélie Filippetti ... ne s’affiche plus membre du Parti Socialiste (ou de Génération.s), ni même « ancienne ministre de » … elle qui est passée des « verts » au Ps, puis … à Génération.s, le mouvement initié le 1er juillet 2017 par Benoît Hamon. Hamon dont on connait le sort qui lui fut réservé au sein du Ps durant le déroulement de la période électorale présidentielle de 2017.

Illumination ! Merci Albert ... Einstein.

Illumination ! Merci Albert ... Einstein.

Autre personnalité significative : le Maire d’une commune de la vallée de la Moselle (Algrange), qui fut également tête de liste (par lui âprement revendiquée) du « Front de Gauche », au nom de la force d’implantation du Pcf, à l’élection régionale précédente (2015). Mais qui n’hésita pas, quelques minutes seulement après l’annonce des résultats au soir du 1er tour et sans avoir jamais consulté les colistiers (en particulier les têtes de liste de chaque département, soit 9 départements en dehors du sien), à appeler à voter pour … Philippe Richert ! Qui conduisait pourtant la liste de la droite !

Des « radicaux de gauche » à « Génération.s » en passant par des « clubs » plus ou moins connus et à l’épaisseur incertaine (« Allons enfants », « GRS », « Place publique » …), une dizaine de sigles sont ainsi enfilés dans l’anneau nuptial de cet appel … « inédit ». Mais où peut-on y lire l’esprit de la « fédération populaire » censée marquer la démarche et la stratégie de la France Insoumise ?

Et l’on s’étonne que les électeurs ne s’y reconnaissent plus, et se résignent à l’abstention ?

Mais que diable vient faire LFI dans cette galère ?

Là où nous sommes le plus surpris, et choqués, c’est lorsque nous découvrons parmi les tout premiers appelants … des membres se réclamant explicitement de La France Insoumise (LFI), quelques-un.e.s même du Parti de Gauche de leur département !

Et en particulier, pour LFI, son étendard régional et unanimement respectée au sein de notre région, Caroline Fiat. La seule députée LFI du Grand’Est et dont chacun de nous peut mesurer depuis trois ans les engagements, tant professionnels que politiques.

Pour le coup nous découvrons l’aspect « inédit » de sa participation (et des suivants) à cet appel : aucun débat préalable sur le principe, au sein de ce mouvement … qui se voulait pourtant fondamentalement (et viscéralement) « horizontal », afin de rendre l’action politique aux citoyens et, a minima, aux militants se reconnaissant dans ledit mouvement. Certes, ils ne sont pas nombreux à se targuer de cet étiquetage et se concentrent sur quelques zones géographiques bien circonscrites. Mais tout de même : « l’édition » nous paraît pour le coup bien cavalière, et pour tout dire … peu respectueuse des valeurs affichées !

Au moment d’apposer leur nom au bas de cet appel, les quelques membres signataires de LFI du Grand’Est ont-ils eu connaissance de la duplicité dont ont toujours fait preuve ces personnes uniquement guidées par le souci de la préservation coûte que coûte de leur fauteuil électoral ? Ont-ils mesuré l’effet désastreux que ce « ralliement » provoquerait sur la perception des citoyens, écœurés par les combines électorales ? Ont-ils seulement conscience de l’insondable mépris, ouvertement affiché par une des initiatrices de cet appel, envers nous les militants de la FI qui la croisions quelquefois sur les marchés strasbourgeois ? Essentiellement pendant des campagnes électorales au demeurant. Car le reste du temps cette « belle personne » du Ps Bas-Rhinois, Anne-Pernelle Richardot pour ne pas la nommer, le passait en coulisses à orchestrer des combines d’appareil susceptibles de lui assurer, quoiqu’il arrive, postes et prébendes. A l’image de sa manœuvre lors de la précédente campagne pour les régionales, en 2015, contre Jean-Pierre Masseret (elle qui, in fine, a également appelé à voter pour Philippe Richert). J.P. Masseret, l’ancien président du conseil régional de Lorraine (Ps également), un personnage au demeurant non exempt de critiques.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle … Les souvenirs et les regrets aussi ! (Jacques Prévert)

De la démocratie ... en Hypocrisie

Et la surprise est couronnée par la découverte récente dans un article des Dernières Nouvelles d’Alsace (édition du 20/12/2020. Voir copie de l’article ci-dessous) des mêmes (tous Ps du Bas-Rhin) se déclarant … « prêts à être associés à la gouvernance » (de droite faut-il le préciser) de la future Collectivité Européenne d’Alsace (CEA) ! Ce fruit pourri issu de la fusion des deux départements alsaciens du Bas-Rhin et du Haut-Rhin qui, de fait, disparaissent au 1er janvier 2021. Une CEA qui a pourtant été rejetée par les citoyens d’Alsace lors du référendum d’avril 2013 : brillant exemple du respect des votes des électeurs !

DNA, Article du 20 décembre 2020

DNA, Article du 20 décembre 2020

FI(chtre), ce n'est pas rien !

FI(chtre), ce n'est pas rien !

Et vous, figures régionales et/ou départementale de la LFI, vous vous associeriez à ces gens-là ? Individuellement, peut-être … Mais pas en notre nom !

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle

Les souvenirs et les regrets aussi […]

Et la mer efface sur le sable,

Les pas des amants désunis ...

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