Une coopérative alimentaire à Strasbourg : Coopalim

Publié le par Roland COUDERC

Pour une alimentation saine, pas chère et respectueuse des producteurs : un projet urbain et citoyen

Pour une alimentation saine, pas chère et respectueuse des producteurs : un projet urbain et citoyen

Samedi 27 janvier, lors de la première session des « Amphis du PG » Sylvain Brousse a présenté son livre «Manifeste pour la République des communes»[1]. L’exposé s’est poursuivi par un débat sur le modèle agricole actuel, qui semble dans une impasse tant sur le plan local que sur le plan mondial et, a fortiori, pour les « pays en développement ».

Au cours de ces échanges plusieurs points ont été questionnés : l'Humanité court-elle à sa perte, la nécessité de prendre en compte la dimension écologique du développement, le dépassement impératif de l'agriculture productiviste et de l'élevage industriel. La division internationale des productions conduisant à une dépendance tragique des pays les moins développés et le nécessaire rééquilibrage entre monde urbain et monde rural rendant  nécessaire la maîtrise communale du foncier pour éviter de verser des terrains agricoles indispensables pour l’alimentation locale vers la construction et donc la spéculation immobilière. Bref, tous ces dysfonctionnements croissants qui doivent nous mener au développement d'une agriculture vivrière de proximité pour que nous puissions retrouver la maîtrise de notre alimentation.

Sur ce dernier point, j'ai eu l'occasion de signaler l'existence à Strasbourg d'un projet de Coopérative alimentaire participative et solidaire, du nom de Coopalim, dont je suis sociétaire, et que je voudrais vous présenter brièvement.

 

agriculture bio, circuits courts et régime alimentaire repensé: le trio gagnant

agriculture bio, circuits courts et régime alimentaire repensé: le trio gagnant

De la Foodcoop de Brooklyn à la Coopalim de Strasbourg.

 

 

Prenant exemple sur la Foodcoop de Brooklyn à New York[2], du magasin La Louve à Paris[3], et d'autres projets en route un peu partout en France (dont Colmar, Nantes, Nancy, Toulouse, Lyon, Bordeaux, Bayonne, Montpellier...[4]), sans oublier dans un tout autre domaine le succès du projet local d'auto-partage « Autotrement » (devenu nationalement « Citiz », une innovation pourtant considérée au départ comme bien utopique !), un certain nombre de citoyennes et citoyens d'Alsace, ont souhaité créer à Strasbourg un magasin d'alimentation à but non lucratif, géré et dirigé démocratiquement par ses coopérateurs et pour ses coopérateurs, où chaque membre occupe une place égale[5].

coopérer plutôt qu'exploiter

coopérer plutôt qu'exploiter

Consommer local pour maîtriser notre alimentation.

 

Le but est de proposer des produits de qualité, issus d'échanges équitables et privilégiant les producteurs locaux, donc favorisant les circuits courts et/ou une bonne traçabilité des produits, dans le respect des humains, des animaux et de l’écosystème planétaire.

En outre, grâce à la participation de chaque membre au fonctionnement de la coopérative (en lui consacrant 3 heures par mois) et du fait de son but non lucratif, la coopérative pourra proposer des prix accessibles tout en rémunérant correctement le travail des producteurs et des fournisseurs.

Le magasin devra être un lieu de vie et d'entraide, où l'on crée du lien social et une solidarité avec les plus démunis, avec des temps de rencontres et d'échange, des ateliers de cuisine, des tables rondes autour de la question de l'alimentation...

Mais également un lieu de réflexion et d’échanges, un lieu où penser ensemble les enjeux alimentaires et simultanément développer des partenariats avec d'autres acteurs de l'économie sociale et solidaire.

 

Pour lancer cette coopérative, Coopalim Strasbourg[6] a été créée en septembre 2017, sous la forme d’une association dont l'objet est de mettre en œuvre les outils et le cadre institutionnel nécessaires au démarrage du futur magasin coopératif : aspects démocratiques, juridiques, financiers, comptables, etc.

Pour un approvisionnement partagé, contre une appropriation capitaliste du vivant

Pour un approvisionnement partagé, contre une appropriation capitaliste du vivant

Pour agir… coopérons !

 

En attendant de pouvoir ouvrir un magasin « durable », l’association recherchant actuellement le local adapté, celle-ci réfléchit à la manière  d'organiser des ventes de façon ponctuelle. Par exemple dans un lieu "éphémère" accessible au public, une situation intermédiaire qui devrait se concrétiser à petite échelle dès février 2018.

Mais pour être viable, la coopérative devra par la suite compter un plus grand nombre de coopérateurs ...

 

Conclusion : à suivre ...

Coopérer : plus sain, plus humain.

Coopérer : plus sain, plus humain.

[1] Sylvain Brousse -  Manifeste pour la République des communes – éd.  l'Harmattan

[4] Les coopératives alimentaires en France et au-delà : https://supermarches-cooperatifs.fr

[5] A ce jour Coopalim compte une centaine de sociétaires.

[6] Site Coopalim : ww.coopalimstrasbourg.com

Publié dans Les Actualités

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