Schiltigheim: chronique d'une campagne électorale

Publié le par Guy Desportes

Lors des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, Schilick l'Insoumise a renforcé son implantation dans la commune de Schiltigheim, avec 1003 voix au premier tour, contre 479 en 2018. Schilick l'Insoumise s’affirme désormais comme la principale force politique de gauche dans la ville.

Ce résultat est d’autant plus remarquable que les forces écologistes, communistes, socialistes ainsi que d’autres organisations s’étaient regroupées sur une liste commune dans une volonté manifeste de la marginaliser.

Ce résultat marque une progression significative pour un mouvement qui célèbre cette année ses dix ans d’existence. Malgré une abstention particulièrement élevée, cette percée illustre l’efficacité d’une stratégie construite sur plusieurs axes : un travail de porte-à-porte dans les quartiers populaires, des prises de position claires sur les enjeux locaux, l’élaboration de réponses concrètes aux besoins des habitant·es ainsi qu’une présence active sur les réseaux sociaux.

La liste Schiltigheim Fière et Populaire avec pour tête de liste Marc Baader avait pour ambition d’offrir aux schilickois.es un projet de rupture, fidèle aux principes de justice sociale, de lutte contre les ségrégations territoriales et d’écologie populaire, s’inscrivant pleinement dans la continuité des orientations portées par le Nouveau Front populaire

Ce texte a pour objectif de revenir sur les étapes de cette campagne et d’en tirer les enseignements pour les combats à venir.

 

Schiltigheim: chronique d'une campagne électorale

Construire une alternative dès l’amont

Quatre ans avant les élections municipales, nous avons pris collectivement la décision de nous organiser. L’objectif était clair : se donner les moyens de proposer aux Schilickois·es une liste capable d’incarner une véritable rupture avec la politique d’accommodement menée par la majorité municipale sortante, dirigée par l’écologiste Madame la Maire Daniele Dambach.

Il s'agissait de ne pas répéter les erreurs de 2018. À l’époque, nous avions trop compté sur des initiatives extérieures et laissé à d’autres la conduite des opérations. Cette posture nous avait placés à la merci de manœuvres politiciennes, éloignées de notre ambition première : redonner aux habitant·es prise sur leur quotidien et construire les politiques publiques avec eux.

Nous nous sommes mis donc en ordre de bataille. D’une part, nous avons relayé les campagnes nationales de la France Insoumise par des diffusions et des porte à porte sur la question de la défense du pouvoir d’achat, le combat contre la retraite à 64 ans voulu par le Président de  la République française Emmanuel Macron, de la lutte contre le racisme…...Mais également nous sommes intervenus sur les sujets locaux comme l’arrivée du Tram nord, la requalification du site de la brasserie schutzenberger ou le projet de renouvellement urbain du quartier Les Ecrivains....

Schiltigheim: chronique d'une campagne électorale

La recherche de l’unité des forces du NFP

Dans un souci de rassemblement des forces de gauche réunies lors des législatives de juin 2024 autour du programme du Nouveau Front populaire, Schilick l'Insoumise a proposé en mars 2025 à madame la Maire Daniele Dambach Maire l’organisation d’ateliers participatifs ouvert à tous les schilickois.es pour bâtir un programme commun.

L’objectif était de dépasser les divergences sur des sujets locaux essentiels : tracé du Tram nord, lutte contre la précarité, avenir du site Schutzenberger, décrochage scolaire dans les quartiers populaires ou promotion d’une écologie populaire.

Sur tous ces sujets, la majorité municipale sortante a montré son incapacité à apporter des réponses à la hauteur des besoins sociaux et environnementaux. Pourtant, à notre proposition d’élaborer ensemble un programme de rupture pour traiter l'urgence sociale et engager la transition écologique de l'agglomération strasbourgeoise, aucune réponse ne nous a été faite.

Le choix de l’exclusion

Le 8 septembre 2025, Nathalie Jampoc-Bertrand élue socialiste et Danielle Dambach nous annoncent leur décision de partir sans Schilick l’Insoumise, tout en laissant ouverte la possibilité d’un accord de second tour.

Ce choix d’exclure d’emblée la France insoumise des élections municipales de 2026 pouvait apparaître comme une erreur d’appréciation, motivée par un calcul politicien de court terme visant à affaiblir Schilick l’Insoumise. Pourtant, cette décision allait à contre-courant de la réalité électorale : à Schiltigheim, la France insoumise avait rassemblé 36,26 % des suffrages lors de l’élection présidentielle de 2022 et 20,64 % aux élections européennes de 2024.

En réalité, il s’agissait d’une faute politique aux conséquences importantes, comme la suite des événements l’a montré. En faisant le choix d’une coalition hétéroclite rassemblant socialistes, écologistes, communistes, Place publique et d’autres organisations, Nathalie Jampoc-Bertrand et Danielle Dambach s’inscrivaient dans une orientation politique de plus en plus éloignée de celle du Nouveau Front populaire.


 

 

Schiltigheim: chronique d'une campagne électorale

Les masques tombent

Les événements de février 2026 ont confirmé cette stratégie d’ostracisation lorsque la liste conduite par Nathalie Jampoc-Bertrand a obtenu l’investiture officielle du Parti socialiste. Cette décision a constitué une clarification politique importante. Dès lors, la liste écolo-socialiste se détournait encore davantage du programme du Nouveau Front Populaire. Comment croire, dans ces conditions, qu’elle puisse défendre les plus modestes, porter un renouveau démocratique ou répondre sérieusement à l’urgence écologique ?

En refusant de voter les motions de censure à l’Assemblée nationale, le Parti socialiste a permis l’adoption d’un budget national qui fragilise les conditions de vie et de travail de millions de Français, tout en préservant les intérêts des plus fortunés et en tournant le dos à l’urgence écologique.

En acceptant cette investiture, Nathalie Jampoc-Bertrand entérinait ainsi les trahisons du Parti socialiste et sa rupture avec les engagements du Nouveau Front Populaire.

Dorénavant, seule la liste Schiltigheim Fière et populaire soutenu par le Parti de Gauche et le POI s’inscrivait pleinement dans la continuité des orientations portées par le Nouveau Front Populaire fidèle aux principes de justice sociale, de lutte contre la ségrégation entre les quartiers et d’écologie populaire.

 

Schiltigheim: chronique d'une campagne électorale

Une campagne populaire et offensive

Notre campagne s’est construite sur une double dynamique : mobilisation sur le terrain  et présence numérique.

Au porte-à-porte et aux diffusions dans les quartiers populaires s’est ajoutée une stratégie ambitieuse sur les réseaux sociaux, avec des vidéos de qualité destinées notamment à la jeunesse et à celles et ceux dont les contraintes de temps rendent plus difficile l’accès aux réunions publiques.

Ces contenus mettaient en avant nos propositions : création d’un lieu culturel, amélioration de l’accès aux soins, commune pour la paix, contrôle citoyen des finances locales, développement des transports collectifs, promotion du vélo, démocratisation du stationnement et amélioration des conditions de scolarisation...........(voir vidéos)

Un site internet a également permis de centraliser programme et vidéos, renforçant la diffusion de nos idées. 

 

Schiltigheim: chronique d'une campagne électorale

Les enseignements du terrain

Au fil de la campagne, l’engagement des membres de la liste Schiltigheim Fière et Populaire n’a cessé de croître.
Sur le terrain, deux constats revenaient régulièrement. D’abord, beaucoup d’habitant·es nous confiaient que les municipales n’étaient pas un sujet de discussion dans leur entourage, laissant présager une forte abstention.
Ensuite, nous avons constaté l’existence d’un socle solide d’électeurs insoumis Schiltigheim À chaque porte-à-porte, des habitants demandaient des tracts pour les diffuser eux-mêmes autour d’eux.
Les résultats du premier tour ont confirmé ces impressions.

Un résultat prometteur

Avec plus de 55 % d’abstention, une majorité de schilickois.es a une nouvelle fois exprimé dans les urnes sa défiance envers les organisations politiques traditionnelles.
Dans ce contexte, les 1003 voix obtenues par la liste Schiltigheim Fière et Populaire ont constitué une irruption remarquée dans le paysage politique local.
Plus significatif encore est qu'au second tour, notre liste progresse encore avec 1019 voix. Dans une configuration où le « vote utile » joue habituellement en faveur de la liste dit de gauche la mieux placée, cette progression démontre la solidité du vote insoumis et l’adhésion durable à une politique de rupture.

Schiltigheim: chronique d'une campagne électorale

Incompréhension des enjeux

Au soir du premier tour, alors que la menace d’une victoire de la Droite était réelle, des discussions ont eu lieu pour envisager un accord.

L’attitude de la tête de liste Nathalie Jampoc-Bertrand s’est révélée incompréhensible. Non seulement elle minimisait le risque d’une victoire de la Droite mais les conditions d'un accord réduisaient notre liste à une place marginale sans tenir compte du désaveu électoral subi par sa propre liste. Avec seulement 12,96 % des inscrits, il s’agissait pourtant d’un revers cinglant pour une majorité sortante.

Les discussions ont révélé leur priorité : préserver les équilibres internes de leur coalition dans une logique bureaucratique plutôt que construire une dynamique populaire capable de battre la Droite et porter un véritable programme de rupture, répondant aux besoins des schilickois.es.

Heureusement, les deux listes de Droite n’ont pas fusionné, empêtrées dans leurs propres logiques d’appareil et d’ego. La liste Schilick en Commun conduite par Nathalie Jampoc-Bertrand l'a emporté d'une courte tête avec seulement 3462 voix soit 17,26% des inscrits, les deux listes de Droite totalisant 4514 voix. 

Schiltigheim: chronique d'une campagne électorale

Des élus au service des schilickois.es

Avec les élus insoumis Marc Baader et Marie-Thérèse Freno, nous avons désormais la certitude qu'ils "seront des élus utiles et exigeants : des élus qui proposent, qui alertent et qui s’opposent lorsque cela s’avère nécessaire. Notre cap est clair : renforcer concrètement la démocratie locale et améliorer la vie quotidienne des habitantes et des habitants. » Comme l’a rappelé Marc Baader lors de la première séance du conseil municipal.

Et d’ajouter :« Nous continuerons à faire entendre la voix de celles et ceux qui ont choisi un programme de rupture, un programme qui place la volonté populaire au cœur des décisions publiques  »

Schiltigheim: chronique d'une campagne électorale
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article