Elections municipales 2026 : Lingolsheim solidaire !
À Lingolsheim aussi les citoyennes et citoyens de gauche pourront finalement s’investir dans le débat politique en accordant leur voix (ou mieux, leur soutien actif) à une liste qui mettra en avant les valeurs d’entraide, de solidarité et d’accueil, une liste qui s’engage à promouvoir les biens communs pour un bonheur partagé, qui fait tant défaut aujourd’hui. Une liste qui recherchera le « mieux-vivre » ensemble, dans une atmosphère de tranquillité plutôt que de suspicion généralisée, qui rejettera l’individualisme et le repli sur soi, la compétition forcenée et la crainte permanente de ʺl’autreʺ.
Ce n’était pourtant pas gagné d’avance du fait de la défection de celles et ceux qui, à l’élection de 2020 notamment avaient constitué une liste d’opposition à l’équipe de droite en place sous la houlette de Valérie Wackermann, officiellement enregistrée sous l’étiquette ʺLSOCʺ (donc apparentée ʺsocialisteʺ). En 2020 ces gens de gauche s’opposaient à deux listes ʺdivers droiteʺ et aucune autre.
Or à moins de deux mois du premier tour de scrutin de mars 2026, ces gens de gauche se sont retirés (sous injonction ʺd’en hautʺ ?) laissant les militants du PG et de LFI esseulés et momentanément désemparés. Ce qui explique que PG et LFI ne soient pas étrangers à l’initiative prise pour constituer (un peu dans la catastrophe du fait des défections) une liste qui va finalement s’appeler « Lingolsheim solidaire ». Les militants du PG impliqués dans le GA/FI ʺTannerie-Lingolsheimʺ (mais regroupant également des militants de Geispolsheim, Ostwald et Eckbolsheim) y ont apporté toute leur énergie et volonté.
En 2020 et pour la première fois conduite par une femme, la liste de droite de Madame Catherine GRAEF-ECKERT (LR, qui succédait à Yves BUR dont elle fut longtemps adjointe-au-Maire) l’avait emporté dès le premier tour avec 54,02% des suffrages exprimés. Elle poursuivait la tradition de Lingolsheim : l’ancien maire Yves BUR, qui fut également député de la circonscription (la 4ème du Bas-Rhin) de 1995 à 2012 … et maire durant la même période, a toujours été élu au 1er tour. Une liste de droite qui, pour une ville forte de 12 001 électrices et électeurs inscrits n’avait pourtant rassemblé que 1738 voix, contre 1048 pour la liste d’opposition ʺsocialisteʺ ! L’effet COVID était bien entendu passé par là : les 8 703 abstentionnistes avaient écrasé (par leur silence) les 3217 Lingolsheimoises et Lingolsheimois qui s’étaient alors exprimés. Un des taux de participation les plus faibles pour ce scrutin : 26,81% des inscrits, pour une population résidente forte de 17 797 personnes à l’époque, selon l’INSEE ! Relevons toutefois que, hors COVID l’enthousiasme participatif ne semble pas être une caractéristique locale puisque, en 2014 déjà, le taux d’abstention avait frôlé les 52%, s’aggravant encore par rapport à 2008 et ses près de 47% d’abstention et les 45,5% de 2001. Comme dans nombre de communes (mais de manière encore plus marquée qu’à Strasbourg par exemple) on constate donc une forte tendance à la désaffection électorale, alors qu’il s’agit du scrutin de proximité par excellence, un vote qui engage la vie à venir de celles et ceux qui … y vivent quotidiennement !
Gageons toutefois que le scrutin des 15 et 22 mars prochains va réveiller les consciences citoyennes et politiques et entraîner une élévation sensible du taux de participation, pour le meilleur fonctionnement de nos institutions démocratiques, locales en premier lieu. Dès lors il est fort probable que l’élection du futur Conseil municipal de Lingolsheim ne s’y déroulera plus selon le même tempo … et que 2 tours seront vraisemblablement nécessaires ! Pour le plus grand bien de l’exercice démocratique.
C’est qu’il y a un autre fait nouveau à Lingolsheim : l’entrée en lice d’une liste du Rassemblement National, qui va bouleverser les habitudes et ébranler les certitudes à droite. Une liste conduite par un jeune homme (24 ans) résidant sur la commune depuis 2 ans (natif de Sarreguemines et venu à Strasbourg poursuivre ses études supérieures), Ronan Bernede … qui avait annoncé sa candidature comme tête d’une liste RN dès le 25 juin 2025 ! Doctorant au laboratoire de bio-imagerie et pathologie d’Illkirch-Graffenstaden il lui va falloir maintenant séduire les électeurs de la présidentielle de 2022, qui avaient placé la candidate du RN en 3ème position à 5 points derrière Jean-Luc Mélenchon, lui-même second (25,10% des voix exprimées, sous un taux de participation conforme à la moyenne nationale soit 70,69%) derrière Macron (30,91%). Derrière ces 3 figures majeures de la scène nationale, les voix collectées par les autres candidats étaient nettement moindres.
On peut donc raisonnablement prévoir un second tour pour la prochaine élection municipale, Madame Graef-Eckert remplissant localement la fonction de soutien de la politique macronienne et la liste Lingolsheim solidaire pouvant s’appuyer sur l’acquis du résultat présidentiel, quand bien même les 2 élections ne sont pas du tout du même ordre.
Car le soutien populaire potentiel est présent, confirmé par le résultat de la liste menée par Manon Aubry aux élections européennes de 2024 : 3ème (15,26%), juste derrière la liste « Ensemble » de Valérie Hayer … Mais, il est vrai, toutes deux distancées par la liste RN de Jordan Bardella, bien en tête sur Lingolsheim avec ses 26,15% des votes.
Le fait qu’une liste d’extrême-droite soit en lice pour la première fois dans une élection municipale à Lingolsheim devrait donc faire prendre conscience aux électeurs démocrates et progressistes de la commune que, pour barrer la route aux tentations nationalistes, xénophobes et excluantes, la seule liste qui leur soit proche par les idées et les valeurs défendues c’est bien Lingolsheim solidaire. En outre, les candidats du RN sont objectivement des soutiens indéfectibles des politiques économiques néolibérales mises en œuvre par les gouvernements successifs du président Macron. Au plan national ils ont systématiquement voté contre les propositions de loi présentées par la gauche de rupture (NUPES puis NFP), propositions favorables aux intérêts des plus modestes et des travailleurs, en particulier les plus défavorisés mais ne se sont jamais attaqué aux intérêts du grand capital, en particulier en matière de fiscalité.
Comme le consensus n’est pas la marque exclusive ni suprême du déroulement du débat démocratique, que c’est bien la confrontation des positions analyses et propositions qui l’animent et ce jusque dans des oppositions radicales, il est indispensable que puisse être présentée aux suffrages des électrices et électeurs une liste formée sur un programme et une vision de la vie en commun fort différents. Dans le cas contraire il n’y aurait plus possibilité de choix, voire interdiction de celui-ci par l’imposition d’une voix (et voie) unique … et autoritaire.
Qu’en sera-t-il à Lingolsheim ? C’est ici que le ʺchangementʺ devient intéressant, un changement tant en effectif et structure de la population qu’en termes de tessiture ou de registres de l’offre politique.
Depuis l’ère BUR et sa stratégie de développement immobilier de la ville, Lingolsheim a bien changé !
Qu’on en juge par les chiffres : de 17 797 habitants en 2020 (Source : INSEE) on est passé à 20 826 en 2023 et 21 820 en 2025 (source : Ville data.com), soit une augmentation de 22,6% de la population résidente en 5 ans ! Une croissance démographique ultra rapide qui a dû provoquer pas mal de douleurs articulaires.
En parcourant les ʺnouveaux quartiersʺ (notamment l’écoquartier des Tanneries) on s’en rend compte immédiatement : « Les Tanneries se sont rêvées écoquartier et se réveillent cité-dortoir » titrait déjà ʺRue 89 Strasbourgʺ dans un article du 16 février 2021.
Il est un fait que le quartier a perdu son label ʺEcoQuartierʺ contenu dans le projet de 2011 mais le mal est fait, la densité urbaine restera … avec son lot de proximité/promiscuité, visuelle et sonore. La densité globale à Lingolsheim est en effet surprenante : 3.660 habitants au Km² soit … presque la même densité que celle de Strasbourg (3727 en 2022 : source INSEE). Mais dans le cas de Strasbourg la variation annuelle moyenne de la population entre 2016 et 2022 n’est que de 0,7%, soit bien moins que 4% sur l’ensemble de la période. En comparaison Lingolsheim a donc grandi au moins 5 fois plus vite que Strasbourg … en 5 ans !
Cela a-t-il été réellement pensé … pour le bonheur des habitants ? N’en est-on pas arrivé là par une logique comptable et statistique … qui fut surtout bénéfique aux promoteurs immobiliers ? Il est vrai que pour justifier de son appellation « d’Eurométropole » le seuil des 500.000 résidents était indispensable : c’est fait depuis 2022 (INSEE : 517 386 habitants vivent dans l’Eurométropole et la densité moyenne est de 1.532,5 hab./Km²) : Lingolsheim y a fortement (douloureusement ?) contribué ! Notez au passage que si l’INSEE recensait 4 agriculteurs exploitants en 2016 dans cette commune encore vécue comme ʺruraleʺ par ses anciens, il n’y en a plus aucun depuis 2022.
Sans voiture… mais non sans difficultés !
L’autre aberration est d’avoir conçu ce quartier ʺsans voituresʺ alors que ce moyen de transport est indispensable aussi loin de la ville-centre de Strasbourg et des emplois qui sont surtout situés en périphérie, mal reliés à Lingolsheim, particulièrement pour ce qui concerne les liaisons transversales, notamment vers Illkirch-Graffenstaden pourtant proche et … 3ème ville de l’Eurométropole après Schiltigheim (qui connaît d’ailleurs le même type de problèmes !). Même problème pour les accès en transports publics vers Eckbolsheim tout aussi proche, Wolfisheim, Achenheim ou Holtzheim. Les Tanneries, un quartier isolé qui ne dispose d’une navette (ʺnavette 45ʺ) avec le centre-ville ou la gare que depuis la fin 2019 … alors que le premier projet de cet ʺécoquartierʺ inabouti date de 2011, navette dont la fréquence d’apparition relève de l’arlésienne de Daudet.
En outre, qui dit « sans voiture » impose … sans parking, ce qui renvoie les véhicules des habitants non dotés ou des visiteurs … sur les trottoirs, eux-mêmes raréfiés (souvent d’un seul côté de la chaussée). Un ensemble de carences qui cristallisent bien évidemment les tensions, dans un quartier que l’on aurait pu penser synonyme de quiétude !
L’autre élément démographique du ʺchangementʺ se dégage de la lecture de la structure de « l’ancienneté d’emménagement des ménages » : 11,4% d’entre eux n’y sont que depuis 2 ans auxquels il faut ajouter 26 autres (%) qui l’occupent depuis 2 à 4 ans. Ces 37,4% sont à mettre en opposition à la proportion à peine plus élevée (42,2%) des ménages qui occupent leur logement depuis plus de 10 ans, dont près de la moitié (20% du total) depuis plus de 30 ans.
Le statut de l’occupant est également révélateur de conditions socio-économiques très tranchées. Si à Lingolsheim le taux de pauvreté global (1) est de 17% en 2022 (ce qui est déjà élevé : France = 14,3% en 2022 et 15,4% soit 9,8 millions de personnes en 2023), il n’est que de 6% pour les propriétaires de leur logement contre 31% pour les locataires. De même il est très élevé (24%) pour les premiers âges de la vie adulte (30-39 ans), lorsqu’arrivent les enfants, et guère inférieur pour les 40-49 ans (22%). C’est dire les difficultés dans lesquelles se trouve près d’un ménage sur 4 de la commune, d’autant que ce sont souvent les ménages accueillant le plus d’enfants et que 10,1% des ménages sont des familles monoparentales (1459 familles monoparentales vivent à Lingolsheim, des mères et leur(s) enfant(s) dans la grande majorité des cas).
Pour elles, et plus encore pour les enfants qui subissent cette situation, le principe de gratuité de la cantine à l’école est salvateur car il permet à chacun d’eux de se nourrir au moins une fois par jour, voire deux fois si on leur assure un petit-déjeuner, au moins à tous ces enfants dans le profond besoin. On ne peut apprendre correctement le ventre vide !
Voici une des premières tâches qu’une nouvelle équipe municipale, réellement de gauche et en rupture avec la logique du ʺtout payantʺ, se fera un honneur de mettre en fonction au plus vite. Or c’est l’un des points du programme de cette liste « Lingolsheim solidaire » qui met l’accent sur le soutien aux personnes en difficulté, dont la difficulté première d’accès au logement, prônant pour cela une totale transparence dans les critères d’attribution retenus (en particulier pour les bailleurs sociaux) et l'accompagnement des personnes en difficulté par un service public municipal dédié.
On perçoit bien ici la profondeur et l’amplitude du changement humain qui s’est opéré en une ou deux décennies sur cette commune. On peut raisonnablement en déduire que la configuration du vote à la prochaine élection municipale ne sera plus du tout semblable aux précédents. Une population nettement rajeunie et pourtant très mobile (la rotation des occupants dans les logements les plus récents est forte) combinée à une forte proportion de résidents âgés enracinés dans leur propriété, font cohabiter des groupes qui doivent inventer une nouvelle manière de vivre en commun.
Tout comme dans le domaine culturel, l’héritage politique figé n’est plus de mise et ce constat sera sans aucun doute amplifié du premier au second tour, lorsque les habitants des quartiers populaires ignorés jusqu’ici percevront la force de la voix qu’ils ont partiellement exprimée au 1er tour. La cohabitation des âges, des genres et des parcours de vie nécessite parallèlement une forme de créolisation pour faire langue commune, chaque groupe devant innover pour trouver des modes de partage qui soient bénéfiques à tous. C’est la belle aventure de la vie, de la vie en collectivité qui oblige à dépasser la stricte reproduction à l’identique et invite à inventer des registres nouveaux de dialogue sous peine de faire fuir plutôt que d’être attractif.
Tout autant qu’elle marque les personnalités, l’intelligence est toujours collective. Pour autant, l’intelligence n’est pas l’apanage d’un groupe d’âge ou d’une catégorie sociale. L’expérience des plus âgés, au même titre que la fougue et la vivacité de la jeunesse, partage avec la seconde la capacité de construction collective de cette intelligence. Relevons au passage que ¼ des personnes de 15 ans ou plus sont des retraités et qu’il faudra également se tourner vers leurs besoins spécifiques lorsque le grand âge approche, d’autant que tous ne sont pas propriétaires de leur logement. C’est bien cette recherche d’une syntaxe et d’un vocabulaire partagé qui a permis de construire en si peu de temps cette liste citoyenne de gauche qu’est Lingolsheim solidaire. Une liste à l’image de toutes et tous les habitant.e.s, qui assemble des militants associatifs ou des citoyens préférant ne pas être ʺencartésʺ quand d’autres se reconnaissent dans un parti politique ou un ʺmouvementʺ (et se positionnent toujours à gauche, bien entendu, qu’ils se reconnaissent comme socialistes ou insoumis ou encore membres du Parti de Gauche) mais qui ne mettent pas leur étiquette en avant pour que chacun puisse apporter sa pierre à l’édifice et jouir de la même écoute.
Et pour conclure cette présentation, reprenons le paragraphe final de leur premier tract, invitant à rejoindre cette liste encore en cours de constitution :
« En passant de 16 000 à 20 000 habitants, comme l’ont voulu les maires Bur et Graef-Eckert, Lingolsheim a accueilli des personnes de nombreux horizons, proches ou lointains. Notre ville s’est ouverte à la diversité. C’est un enrichissement. Nous le voyons lors des fêtes locales où les spécialités alsaciennes sont complétées par des goûts et des couleurs méridionales mais aussi africaines et asiatiques. Cela n’enlève rien à nos traditions germaniques et françaises qui sont notre point de départ pour aller vers les autres. Par notre travail nous contribuerons tous à faire vivre Lingolsheim. »
(1) Le taux de pauvreté indique la proportion de personnes situées en-dessous du seuil de pauvreté, lui-même fixé à 60% du niveau de vie médian, soit 1288€ en 2022 pour ce « taux de pauvreté monétaire »
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