Attention ! Un fascisme peut en cacher un autre
« Une nouvelle puissance se cristallise à Washington. Plus pressée, plus idéologisée, plus privatisée que tous les complexes militaro-industriels antérieurs, la tech autoritaire ébranle les fondations de la démocratie comme jamais cela ne s’était vu depuis les débuts du numérique. La Silicon Valley ne se contente plus de produire des applis ; elle bâtit des empires » (2)
Bien entendu, pouvoir politique et pouvoir technologique ne sont pas déconnectés. Car les commandes de cette ″Big Tech″ sont tenues par des figures nord-américaines connues parmi les plus droitières, « MM. Thiel, Elon Musk ; Marc Andreessen, David Sacks, Palmer Luckey et Alexander Karp ». C’est « un projet politique clair [qui les anime] : redéfinir la souveraineté comme une classe d’actifs privés ».
Stephen Miller, « chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche, détiendrait pour quelques 250 000 dollars d’actions » de la société ″Palentir″ : la collusion est avérée. C’est ce que relève Francesca Bria : « aujourd’hui, le pantouflage ne se limite plus à un mouvement de va et vient entre gouvernement et industrie ; il y a imbrication de ces deux univers au sein d’une nouvelle architecture du pouvoir […] M. James D. Vance, actuel vice-président, aurait probablement connu une ascension politique moins fulgurante si M. Thiel ne l’avait pas aidé, en 2022, à remporter son siège de sénateur de l’Ohio via une contribution de 15 millions de dollars – la plus importante donation individuelle à un candidat au Sénat ». Et cela est vrai dans de nombreuses activités, y compris dans ce qu’il est convenu d’appeler les domaines régaliens de l’État, pour l’armée notamment. Dorénavant lorsque l’armée nord-américaine achète un logiciel « elle cède son autonomie opérationnelle à une plate-forme dont elle ne pourra plus se passer ». En juillet dernier le Pentagone a ainsi regroupé 75 contrats distincts en un seul pour signer un giga contrat de 10 milliards de dollars avec l’entreprise de la Tech ″Palentir technologies″, sacrifiant dès lors « un pan essentiel de sa souveraineté sous couvert de rationalité ».
Mais ce constat de « convergences et connivences » dépasse les seuls Etats-Unis d’Amérique : dans l’Italie de Giorgia Meloni, « les responsables de la défense envisagent de confier à Starlink, le système de M. Musk, la gestion de leurs communications cryptées par satellites ». Il en va de même « En Allemagne, où l’utilisation des outils de surveillance de Palentir par la police de plusieurs Länder (Hesse, Bavière et Rhénanie-du-Nord-Westphalie) a provoqué de vives protestations ainsi qu’un recours devant la Cour constitutionnelle, les autorités fédérales n’excluent pas de les généraliser à l’ensemble du pays ».
« Au-delà de Palentir toute une coalition d’entreprises, d’investisseurs et d’idéologues réunis sous la bannière du ″patriotisme″ s’emploie à construire un système planétaire de contrôle technico-politique : la ″stack autoritaire″ (3). [Celle-ci forme] un empilement de serveurs de plates-formes distants, de modèles d’intelligence artificielle (IA), de rails de paiement, de réseaux de drones et de constellations de satellites ».
« Ce qui se dévoile alors n’est pas une mainmise industrielle classique, mais une mutation fondamentale de la souveraineté » permettant à des « Intellectuels-oligarques » (4) de s’arroger le pouvoir législatif via l’infrastructure technologique (dont ils sont les propriétaires et les gestionnaires exclusifs) en occupant les plus hautes fonctions gouvernementales : ils peuvent ainsi propager « leur évangile » et sont en mesure de « bâtir une gouvernance postdémocratique ».
Il devient donc difficile de s’opposer à ces nouvelles formes de pouvoir qui ne s’appuient plus sur la mobilisation des masses ... libres à elles, ensuite, d’obéir … avec zèle (5). Ces nouveaux pouvoirs ne s’appuient pas davantage sur la violence d’État (du moins en apprence) mais directement sur l’infrastructure technologique et la coordination financière. Or cette dernière passe par les banques, elles-mêmes de plus en plus ″libres″, c’est-à-dire non contrôlées par la puissance publique et ce conformément au dogme et aux exigences du néo-libéralisme et du capitalisme financier.
Cette déconnexion entre un pouvoir politique démocratique et la puissance économique privée s’appuie également sur le rôle croissant des ″crypto-monnaies″, qui échappent au contrôle des états et des institutions financières ″légitimes″ (6). S’opposer à ces nouveaux pôles de pouvoir avec les moyens de résistance populaire et de masse classiques devient quasiment impossible. Il faut donc impérativement reprendre contrôle sur l’État et lui rendre simultanément la maîtrise des institutions monétaires qui, seules, lui permettront de réaliser les objectifs politiques démocratiquement définis
Le plus alarmant est la conclusion de l’article :
« Comme les techno-autoritaires l’ont bien compris, il n’est nul besoin de gagner les élections pour exercer le pouvoir ; il suffit de décrocher des contrats » … dans le seul objectif des intérêts des actionnaires bien entendu ! À chaque nouveau contrat … le piège se referme.
Il faudra donc s’extraire très rapidement de cette nouvelle forme de domination fascisante (puisque autoritaire) et la lutte sera rude … une fois la victoire électorale réalisée.
Pour autant, les formes plus classiques de fascisme ne sont pas dépassées et doivent être bien comprises et analysées pour que nous puissions « Battre l’extrême droite » (8) dont la menace d’une prise de pouvoir est imminente.
Pour celles et ceux qui ne les ont pas (encore) lus, deux petits fascicules mentionnés ci-dessous sont indispensables, dont l’ouvrage de notre camarade Jean-Christophe Sellin (7). Ce dernier balaye l’histoire du fascisme et ses manifestations les plus immédiates. Tous deux nous donnent les armes théoriques, historiques, politiques et pratiques pour débusquer les tendances fascisantes de nos régimes dits ″démocratiques″ … qui glissent sur la pente de l’autoritarisme pressant et violent. Il nous faut des armes pour nous y opposer et, surtout, en reprenant les termes de Ludivine Brantigny (8), pour « proposer une alternative véritable qui aide à se fédérer » ... et le battre dans l'oeuf !
Pourtant la réponse de notre Président semble n’être que … « Faites entrer » (9). Reprenant un proverbe allemand (« Si neuf personnes s’assoient à une table avec un nazi sans protester, il y a dix nazis à la table » : Cf. p. 49), Ludivine Brantigny souligne que « Emmanuel Macron participe à la banalisation de l’extrême-droite [lui offrant] un véritable marchepied » (10). Elle reprend ici la thèse de « l’extrême-centre [comme] une droite dure : [sommes-nous ″en marche″ vers … une] Démocrature ? » (PP. 52-54).
Auquel cas il nous faut « D’urgence : remettre la honte au racisme (pp. 63-65), miser sur la solidarité (pp. 66-71) et considérer nos vies à égale dignité » (11). Il nous faut donc commencer par ″dire les termes″ qui caractérisent le fascisme : « L’extrême-droite est raciste … évidemment » (pp. 9-18). Rappeler ensuite que le fascisme ne cesse de proclamer « l’inégalité sociale » (pp. 28-34). Puis identifier ses moyens d’action : « L’extrême-droite c’est la violence et l’inégalité » (pp. 19-27). Ce qui devrait in fine nous dissuader de « l’essayer » … puisque que toutes les « pratiques fascistes » (pp. 35-38) contemporaines, en Europe notamment, ont battu en brèche les intérêts des travailleurs.
En Hongrie, sous le pouvoir concentré de Victor Orban : contrôle total des médias et brouillage de la frontière entre l’État et le parti, répression féroce de toute critique, mise au pas du corps enseignant, « réduction drastiques des budgets de l’éducation, de la santé, des aides sociales [et] code du travail attaqué, normes salariales régionalisées, […] sans-abris criminalisés, […] propagande homophobe ». Dans l’Italie de Giorgia Meloni, qui a montré la brutalité de son programme social en supprimant le ″revenu de citoyenneté″ et en refusant l’instauration d’un salaire minimum. Ou encore en Finlande : « une fois au pouvoir le ″Parti des Vrais Finlandais″ a tout abandonné de son pseudo-programme ″social″ », mettant en œuvre au contraire un programme de régression (« mise en cause de l’indemnité chômage et des arrêts maladie, restrictions des aides au logement, atteinte au droit de grève… ») se rangeant « très vite derrière le programme économique de la droite des affaires ».
Certes les « Responsabilités médiatiques » (pp. 39-48) sont lourdes. Lorsqu’ils n’en sont pas directement les auteurs, les médias colportent systématiquement la méthode fasciste caractéristique de l’inversion du sens des mots, décrite de longue date par George Orwell (12). Une stratégie de « loopings spectaculaires » (p. 76) qui permet à Laurent Jacobelli, pourtant mis en examen pour injure raciste, de clamer que « Aujourd’hui l’extrême-droite s’appelle la France Insoumise ». Dérive gravissime qui porte encore Boris Cyrulnick à oser alléguer : « Mélenchon à mes yeux, c’est l’extrême-droite » (Cf. p.75). Quant à Bernard Henri Lévy, il n’est pas en reste … qui qualifie LFI de « fascistes ».
Bref : « On pensait qu’Orwell aurait définitivement prémuni contre ce genre de pratiques rhétoriques – la liberté c’est l’esclavage et la guerre c’est la paix. Il faut se rendre à l’évidence : on n’en a pas fini avec la fascisation des esprits. » (P. 76).
C’est tout l’intérêt de l’ouvrage de Jean-Christophe Sellin que de faire remonter les racines du fascisme aux périodes bouleversées des révolutions françaises, que ce soit « le choc de 1789 » provoquant l’émergence d’« une idéologie anti-lumières [qui] se forge contre l’égalité et la démocratie » ou la « Révolution de 1848 et [sa] réaction bonapartiste ». Sans omettre la Commune de Paris, expérience révolutionnaire qui achève d’effrayer la Bourgeoisie, qui répond alors par une répression sanglante et ″déportante″. « Le fascisme naissant est avant tout une forme extrême de réaction idéologique et culturelle contre l’héritage de la Révolution française, contre le matérialisme et le rationalisme, contre le libéralisme politique et contre une certaine conception de la société et de l’État. [Pour lui] La Nation, sous sa forme nationaliste, représente le salut. » (14)
Précision des concepts, outils indispensables pour éviter de mélanger les périodes et tomber ainsi dans l’incapacité à analyser correctement les moments charnières, des bouleversements des régimes politiques aux mouvements sociaux subreptices (« gilets jaunes », « bloquons tout » … ?). Conformément à la vision des lumières « la Nation est une construction politique [qui agrège] des individus adhérant à un système de droits, faisant d’eux des citoyens », alors que « la vision du fascisme est au contraire celle d’une nation organique, close sur elle-même, disposant sur son génie naturel propre unis par les liens du sang, un lien qui serait pollué par … » (15) tous les ″envahisseurs″. On voit poindre ici la sinistre volonté de dénonciation des intrus … qui ″tapent l’incruste″ et ″sucent le sang″ de nos institutions par trop généreuses !
Le fascisme historique apparaît après ″la grande boucherie″ de la première guerre mondiale (16) ; il résulte alors des « échecs de l’internationalisme et des expériences révolutionnaires entre 1918 et 1923 [qui] vont renforcer l’idée de refuge dans le fascisme, finalement présenté comme socialisme national par les fascistes et les nazis [se présentant à l’origine comme] anticapitalisme partiel » (pp. 36/37). Mais d’autres caractéristiques communes font apparaître le culte du chef et du parti (unique) comme support personnifié de « La régénération d’une communauté mythifiée ou imaginaire pour constituer le récit national [permettant] une purification par la destruction de tout ce qui fait obstacle à son homogénéité supposée. Le fascisme est aussi un élitisme inégalitaire, notamment entre les hommes et « les femmes, qui sont cantonnées aux tâches domestiques et de reproduction. [Et bien sûr] la xénophobie, voire le racisme biologique et l’antisémitisme (nazisme).
La troisième partie, « Le fascisme contemporain » (pp. 93-127) s’ouvre sur le Coup d’État au Chili le 11 septembre 1973 [puis met le] focus sur trois avatars au pouvoir : Le fascisme aux États-Unis (p. 93), en Inde (P. 107) et en Israël (p. 116). Mais la France n’est pas occultée (Acte 4 : pp. 128 à 137) et c’est l’Acte 5 qui clôt ce manuel de résistance par un engagement aussi solennel que rationnel : « Pour l’antifascisme (pp. 138-144) : Combattre le fascisme c’est non seulement un devoir moral mais une nécessité politique [mais] l’antifascisme ne peut pas être réduit uniquement à la ″lutte conte le fascisme″ en ce sens qu’il doit représenter une alternative au fascisme […] qui est lui-même une alternative réactionnaire, antisociale et anti-démocratique (p. 139) aux crises récurrentes du capitalisme.
Pour vaincre, l’antifascisme doit être exemplaire, solidaire, conscient des limites écologiques, généreux, internationaliste, attractif, ouvert et … créatif.
La course pour le contrôle du pouvoir est engagée : ne stationnons pas sur la ligne de départ. « À partir du moment où le fascisme marche vers le pouvoir, le mouvement ouvrier ne dispose plus que d’une seule ressource : s’emparer avant lui du pouvoir. » (p.144 : phrase empruntée par l’auteur à Daniel Guérin – in Fascisme et grand capital).
Même si la ville de New-York est une bulle sur le plan électoral et que ses électeurs votent presque toujours à gauche, l’élection de Zohran K. Mamdani à la tête de la municipalité de New-York est un évènement majeur pour nous. Une investiture qui ne sera toutefois effective qu’au 1er janvier 2026. Mais on assiste bien à un « séisme politique » aux Etats-Unis, pour plusieurs raisons.
En premier lieu il s’agit de l’élection d’un jeune ʺsocialisteʺ (et, dans le contexte sémantique politique du pays, le terme est à prendre au sens maximaliste), qui plus est ʺradicalʺ (il a été soutenu par deux autres figures de ce courant radical nord-américain que sont les « Socialistes démocrates d’Amérique », Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez (AOC), elle-même née dans le Bronx et depuis 6 ans représentante des Etats-Unis pour le 14ème district de l’État de New-York. Issu de l’immigration (à ce titre il ne pourra jamais être candidat à l’élection présidentielle puisque non né sur le territoire nord-américain). Mamdani défend des idées progressistes en faisant appel à la mobilisation citoyenne. Il n’hésite pas à aborder des thématiques sociales, se préoccupant en premier lieu des préoccupations quotidiennes des citoyen.nes, mettant l’accent sur des thématiques politiques plutôt que ʺsociétalesʺ. Sans pour autant les évacuer : par exemple en n’hésitant pas, lui, à soutenir la cause palestinienne et dénoncer le génocide à Gaza dans une ville qui concentre la plus importante communauté juive au monde. Il est d’ailleurs caricaturé en « dangereux communiste » et « djihadiste » par D. Trump et ses disciples ʺMAGAʺ.
Ensuite il s’agit d’une élection sans conteste possible : 50,5% des voix exprimées ont été portées sur sa candidature … alors qu’il était inconnu en début d’année ! Il devance de presque 10 points son rival direct, Andrew Cuomo, ex-gouverneur de l’État de New-York et ancien rival défait de la primaire démocrate pour l’élection à la mairie de la ville, un parfait représentant de « l’establishment démocrate », le candidat républicain Curtis Sliwa étant totalement distancé.
Une élection d’autant plus positive qu’elle a fortement mobilisé les électeurs new-yorkais avec un des taux d’abstention les plus faibles de l’histoire électorale locale et que ce sont de l’ordre de 70 000 citoyennes et citoyens qui ont participé à sa campagne, avec enthousiasme et engagement total sur le terrain.
Quant aux thématiques développées les plus significatives, sans être spécifiquement ʺrévolutionnairesʺ elles portent toutes sur une ligne effectivement ʺpopulaireʺ et touchant tout autant les classes moyennes, toutes deux asphyxiées par le coût de la vie enregistré dans la « capitale du fric et siège de Wall Street ». Le slogan résumant le tout ? « A City as you can afford » : en français … « pour une ville abordable » ou « accessible » (à tous).
Ce qui passe par un gel des loyers … point sur lequel il va bien entendu s’affronter aux magnats de l’immobilier, dont un certain … Donald Trump. Par l’accès progressif aux transports publics gratuit (en ce sens il est bien en avance sur la plupart de nos politiques ʺlocauxʺ) et la mise en place très rapide d’un réseau public de gardes d’enfants, dont des crèches et autres jardins d’enfants gratuits de manière à répondre d’urgence aux besoins des familles monoparentales et leur permettre ainsi une activité professionnelle pour sortir du besoin extrême. L’autre originalité étant qu’à travers tous ces objectifs ʺsociaux-pratiquesʺ, Mamdani fait le lien entre justice sociale et justice climatique : il prévoit notamment d’installer des panneaux solaires sur les écoles et de végétaliser les cours de récréation, permettant d’augmenter la production d’énergies renouvelables publiques tout en maintenant les factures à un bas niveau. Enfin il a promis d’ouvrir des épiceries publiques (sortes d’épiceries ʺsolidairesʺ mais gérées par la municipalité) pour offrir aux habitants des quartiers défavorisés des aliments frais à prix abordables.
Des dépenses publiques qui devront trouver financement … en taxant davantage les riches !
Mais New-York n’est pas tout : la déconfiture électorale des républicains s’est exprimée partout dans les votes aux Etats-Unis d’Amérique ce mardi 4 novembre 2026 :
- Des démocrates (certes moins radicaux que Zohran Mamdani) sont élus gouverneurs dans le New-Jersey et en Virginie (pour la première fois dans cet état il s’agit d’une femme).
- Les démocrates gagnent 13 sièges à la chambre des représentants en Virginie et confortent ainsi leur majorité absolue.
- Le référendum organisé en Californie pour donner 5 élus démocrates de plus dans cet état (pour contrer les traficotages de la carte électorale des républicains au Texas) a été largement gagné par 65% ʺPourʺ.
- 5 juges démocrates sont élus à la cour suprême de Pennsylvanie contre 2 aux républicains.
- Multiples réélections (ou élections) de maires démocrates (Atlanta, Boston, Cleveland, Pittsburg) et à Cincinnati en particulier où le candidat démocrate est élu contre le demi-frère de J.D. Vance, ou encore à Albany où est élue maire, pour la première fois, une femme noire démocrate.
La prochaine étape de ce redressement citoyen aux Etats-Unis d’Amérique est fixée au 22 novembre avec une marche nationale à Washington contre Trump et sa politique réactionnaire, autoritaire et fascisante.
Alors, concluons avec Mathilde Panot : cette victoire est bien « une leçon » : « seule la gauche de rupture peut battre l’extrême-droite » … ou avec Sophia Chikirou, qui entend se présenter aux municipales à Paris : « Si vous soutenez Zohran Mamdani à New-York, vous devez soutenir la France insoumise à Paris ».
A suivre …
Pour rétablir la vérité concernant les positions publiques exprimées par Zohran Mamdani, et suite à des propos aussi odieux que fallacieux tenus par des "journalistes" de plateau, nous tenons à ajouter cet extrait de son discours pronconcé le soir même de son élection à la mairie de New-York. Chacun pourra ainsi juger de la malhonnêteté et/ou de l'incompétence paresseuse de certain.e.s personnes qui, pour le dénigrer ou discréditer en France des personnalités politiques qui valorisent cette élection inattendue, n'hésitent pas à asséner des mensonges sur les ondes ... publiques ou privées !
[...] À tous les New-Yorkais, que vous ayez voté pour moi, pour l’un de mes adversaires ou que vous ayez été trop déçus par la politique pour voter, merci de m’avoir donné l’occasion de prouver que je suis digne de votre confiance. Je me réveillerai chaque matin avec un seul objectif : rendre cette ville meilleure pour vous qu’elle ne l’était la veille. [...]
En cette période d’obscurité politique, New York sera la lumière. Ici, nous croyons qu’il faut défendre ceux que nous aimons, que vous soyez un immigrant, un membre de la communauté transgenre, l’une des nombreuses femmes noires que Donald Trump a licenciées et privées d’un emploi fédéral, une mère célibataire qui attend toujours que le prix des produits alimentaires baisse, ou toute autre personne acculée, au pied du mur. Votre combat est aussi le nôtre.
Nous construirons une mairie qui se tiendra fermement aux côtés des New-Yorkais juifs et qui ne faiblira pas dans la lutte contre le fléau de l’antisémitisme ; une mairie où plus d’un million de musulmans sauront qu’ils ont leur place, non seulement dans les cinq arrondissements de cette ville, mais aussi dans les couloirs du pouvoir.
New York ne sera plus une ville où l’on peut faire campagne sur l’islamophobie et remporter une élection. Cette nouvelle ère sera marquée par une compétence et une compassion qui ont trop longtemps été opposées l’une à l’autre. Nous prouverons qu’il n’y a pas de problème trop grand pour que le gouvernement le résolve, ni de préoccupation trop insignifiante pour qu’il s’en soucie. [...]
Le discours intégral est paru sous le titre "On fait campagne en poésie mais on gouverne en prose". Il peut être consulté en suivant ce lien :
https://legrandcontinent.eu/fr/2025/11/05/on-fait-campagne-en-poesie-mais-on-gouverne-en-prose-le-discours-de-victoire-de-mamdani
[1] Le coup d’État de la tech autoritaire : Francesca Bria (économiste de l’innovation et spécialiste des politiques numériques), Le Monde diplomatique, Novembre 2025, pp. 1 et 11. Toutes les phrases en italique et qui suivent sont extraites de cet article.
[2] Ibid. : Francesca Bria, Le coup d’État de la tech autoritaire, Le Monde diplomatique, Novembre 2025, p. 1 chapeau introductif.
[3] Expression construite par analogie avec la ″stack technique″ qui désigne l’ensemble des techniques utilisées pour construire une application.
[4] Expression empruntée à Evgeny Mozorov : Les intellectuels-oligarques nouveaux législateurs de la Silicon Valley. Cf. Les blogs du « Diplo », 14 et 17 avril 2025
[5] Cf l’ouvrage éponyme de Johan Chapoutot : Libres d’obéir ; le management du nazisme à aujourd’hui, Ed. Gallimard, NrF essai, janvier 2020, 176 pages.
[6] « Dans le cadre du ″Genius Act″ de M. Trump, les crypto-monnaies stables (stablecoins) sont désormais érigées en ″infrastructures de sécurité nationale″, ce qui revient à conférer à des émetteurs privés des quasi pouvoirs de banque centrale » (voir en fin d’article du ″Diplo″ le § « Intellectuels-oligarques »)
[7] Comprendre et vaincre le fascisme, Jean-Christophe Sellin, Editions « Un monde nouveau », avril 2025, 160 pages 11,90€
[8] Battre l’extrême droite, Ludivine Bantigny, Editions du Croquant collection Carton rouge, septembre 2024, 85 pages, 5€.
[9] Ibid : Cf. page 3 le croquis de Fred Sochard
[10] Ibid. En macronie : porosité et petits arrangements entre amis, pp.49-51
[11] Ibid. Cf. 4ème page de couverture et toute la fin du fascicule.
[12] Cf. « Mil neuf cent quatre-vingt-quatre », 1ère publication 8 juin 1949, traduction française, Gallimard 1950
[13] Pour reprendre la célèbre épigraphe de Karl Marx, l’histoire se répète au moins deux fois, « la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une farce » (in Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, 1852)
[14] Comprendre et vaincre le fascisme, Jean-Christophe Sellin, Op. Cit. p. 22
[15] Ibid. pp. 22-23
[16] « Acte 2. Le fascisme historique, une victoire en quelques années », Op. Cit. pp. 34-82
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